Philosophie de lemon

L'objectif de lemon est d'apporter un peu de beauté et de légèreté à ce nouveau geste qui risque de nous accompagner quelque temps: le port du masque.

Tout a commencé le 9 mars, lorsque, redoutant l’ennui d’un confinement qui semblait poindre inexorablement, j’ai acheté de la laine pour tricoter.. Un peu honteuse avec mon stock de grand-mère, j’ai demandé au caissier si ils en voyaient d’autres anticiper comme moi. Une vendeuse que je n’avais pas vue, accroupie derrière moi pour réassortir des rayons, a répondu que tout le monde s’arrachait l’élastique. De l’élastique? Je faisais dans l’heure mes premiers masques pour ma filleule et sa petite fille atteinte de mucovicidose, et pour ses amies infirmières à domicile, livrées à elles-mêmes. J’en envoyais à mes cousines infirmières dans un hôpital et une crèche. A mes amis, ma famille. J'ai commencé à en fabriquer via un réseau de bénévoles, puis un deuxième... pour des hôpitaux et du personnel soignant principalement. Grâce à mes amis et proches, qui m'ont donné du fil, du tissu, des élastiques, quand je n'en trouvais plus nulle part, j'ai pu continuer à en produire. Mais de plus en plus difficilement. J'étais à court de tout le matériel, j'ai alors décidé d'arrêter. Mais les demandes continuaient à affluer! Les gens voulaient porter un masque pour se protéger, eux et les autres, mais ils n'en trouvaient nulle part. Et moi je savais en faire. C'était presque mon devoir.

Après en avoir fait bénévolement 150, j'ai décidé d'en vendre: j'ai commandé des élastiques aux Pays-bas, du tissu à Liège, à Bruxelles... Je ne suis ni couturière, ni scientifique: je ne peux rien garantir par rapport à la durée de ces masques, ni à leur efficacité. Aucun des masques artisanaux en tissu ne bénéficie d'une homologation: ils sont juste fortement conseillés. Je m'en réfère aux recommandations officielles du Professeur Jean-Luc Gala 

Et parce que le confinement aura mis en exergue les disparités les plus fortes dans notre société et les inégalités sociales; parce que certains auront bien vécu ce moment et d'autres auront vécu un enfer, j'ai décidé de verser une partie des bénéfices aux femmes victimes de violence conjugale. 1€ par masque ira au centre de prévention des violences conjugales et familiales qui dispose de 3 maisons d'accueil http://www.cpvcf.org

Dans un soucis environnemental et portée par des valeurs entrepreneuriales, je souhaite que les masques soient confectionnés à Bruxelles, et à terme, par un réseau de couturiers/es bruxellois. Afin d'aider les petits indépendants face à cette crise et renforcer un savoir-faire local, sans passer par des circuits de production longs qui impacteraient négativement l'environnement.